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Enough is enough..

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KEEP CALM

Manchester United

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L’excellente Charline Vanhoenacker a résumé l’essentiel.

Etre lâche, c’est aussi penser que c’est top moumoute d’envoyer des jeunes se faire exploser au milieu d’autres jeunes et d’enfants pendant qu’on se dore la pilule au milieu de ses esclaves.

On continuera de sortir, en tentant de faire taire la petite voix qui nous dit qu’on a peur, que ce n’est pas prudent, et que c’est peut-être la dernière fois qu’on voit le monde, les gens, notre famille.

On pense en priorité aux familles qui ne comprennent certainement pas comment la Terre peut encore tourner, le soleil briller, les magasins ouvrir et les oiseaux voler dans le ciel, alors que leur vie est dévastée.

on vous emmerde

manchester

Lutte contre le harcèlement

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Cela fait quelques années que le Ministère de l’Education Nationale lutte contre le harcèlement scolaire.

La plupart d’entre nous l’ont vécu, de façon plus ou moins violente: les moqueries, la violence verbale, physique, les humiliations…

L’esprit de groupe, de corpo, la pression par les pairs : tu es avec ou contre nous, tu participes ou tu subis, tu rigoles ou tu te fais exclure. Cette espèce d’ambiance difficile à décrire où l’on se sent obligé(e) de suivre le mouvement parce qu’on sent que sinon, on va le payer.

C’est toujours difficile en tant qu’enseignant(e) de lutter contre tout ce qui se passe dans notre dos, dans les couloirs, la cour de récré, de parvenir à voir ce qu’on arrive pas toujours à déceler, de trouver la bonne méthode, arriver à ne pas céder à l’émotion sans se cadenasser, et de ne pas reporter sur certaines situations ce qu’on a pu vivre personnellement.

J’ai souvent entendu dire que ça s’arrangeait avec l’âge, et que quand on quittait l’adolescence, tout allait mieux. Ce n’est que partiellement vrai, et j’en ai fait les frais quand je suis arrivée dans les Hauts de France, expérience sur laquelle je ne me suis pas encore épanchée jusqu’à présent parce que je ne suis pas complètement prête, mais je le ferai un jour.

Il y a une émission, en particulier, qui me donne raison, et me fout la rage au ventre et les larmes aux yeux chaque fois que je vois des extraits. J’en ai déjà parlé ici, il s’agit de Touche Pas A Mon Poste.

La preuve par vidéo que l’audimat et le fric justifient un comportement de harcèlement scolaire. Celui-là même pour lequel on fait des vidéos avec des jeunes qui se sont mutilés dans l’espoir de mourir, parce que quand on est victime de harcèlement, on pense souvent que c’est la seule solution. Les articles tragiques d’ados qui se suicident à 11, 13, 15 ans, avec des parents effondrés, qui désignent, parfois à raison, le coupable, en l’occurence l’école qui n’a rien vu et/ou rien fait.

Pour une fois, ce n’est pas sur l’Education Nationale que je veux lancer une polémique, mais juste qu’on m’explique comment d’un côté on peut faire une campagne sur le harcèlement scolaire pour sensbiliser les ados, alors qu’ils ont accès à ce genre de vidéos à la télé, qui reproduit EXACTEMENT les types de scènes contre lesquelles nous tentons de lutter au quotidien.

On peut rire de tout, mais pas au détriment de n’importe qui.

La victimisation qu’utilisent Hanouna and co pour après se dédouaner me donne envie de vomir Vous n’avez pas le droit de manipuler les personnes qui n’ont pas le recul nécessaire pour vous dire que vous avez tort. Vous n’avez pas le droit d’utiliser vos téléspectateurs. Vous n’avez pas le droit d’humilier vos chroniqueurs, qui sont soit inconscients, soit cèdent à votre pression et au désir d’être exposé médiatiquement, et de dire que l’humour excuse tout. Vous n’avez pas le droit de faire présenter une émission à une femme déguisée en carotte, pendant la journée internationale des droits des femmes. Vous n’avez pas le droit de parodier un homosexuel alors que nous sommes en pleine lutte contre l’homophobie.

Halte à la normalisation de l’humiliation.

 Il est temps que le CSA agisse.

Au fait !

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Voilà, voilà …

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Les humoristes de la campagne

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Je préfère le dire d’emblée, passer ma soirée à écouter les candidats de la présidentielle nous faire croire qu’ils vont révolutionner la France, et ce pendant mes vacances ne faisait pas partie de mes priorités.

Mais je dois reconnaître que les 2 débats m’ont bien fait rigoler, et que je ne refuse jamais une soirée entre potes, surtout quand il y a des gougères et des mojitos.

Mélenchon:

Mélenchon 1

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Arthaud:

arthaud

Le Pen:

Le Pen

le pen 2

Asselineau :

Asselineau 1

Asselineau 2

Asselineau 3

Hamon:

hamon

Dupont-Aignan:

Dupont-Aignan 1

Dupont-Aignan 2

Poutou:

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Macron:

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Cheminade:

Cheminade

Cheminade 2.png

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Lassalle:

Lassalle 1

Un peu plus tard….:

lassalle 2.png

Fillon:

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Pour conclure, j’ai failli rendre mes roulés au saucisses, gougères et autres en constatant que pour quasiment tous les candidats, l’Elégance à la Française, c’était de récupérer le cadavre à peine froid d’un policier mort dans l’exercice de ses fonctions, à des fins électorales, pour étayer ses arguments. Sans que les conclusions ne soit tirées sur cet attentat, ou que l’enquête ne soit terminée.

Se contenter de présenter ses condoléances à ses proches, visiblement c’est so 2016. Le respect et le sens de la dignité, tout comme Xavier Jugelé, sont morts et enterrés. RIP.

L’amour de la discipline.

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Axel me pousse du coude: « Hé, à ton avis, c’est quoi la prochaine réplique du chef? « On t’aime, putain! » « 

Je me retiens de pouffer car je fais face au père de Pierrick, 1m92, 135 kilos, claquettes, short rouge, et pull à taches du PSG, ainsi qu’à sa mère, cheveux noirs corbeau, mascara et eye-liner bleu électriques, et jogging rose.

Le père de Pierrick a annoncé d’emblée qu’il ne voyait pas pourquoi on le faisait venir ici, vu que son fils ne posait aucun problème à la maison. Sa mère s’est contentée de garder un silence craintif, consciente, elle, que son fils ne posait aucun problème à la maison quand son père était dans les parages et menaçait de le frapper à coup de poings. Soit une fois par semaine. Pierrick en a donc déduit qu’on ne se faisait respecter qu’avec les poings.

« T’es content ? A cause de toi on vient perdre du temps ici, espèce de petit connard, va ! »

Pierrick en a donc déduit qu’on ne se faisait respecter qu’avec les poings ET les insultes.

Flo, notre collègue de SVT néo tit’ et HYPER spontané, s’occupe du compte-rendu. L’équipe pédagogique a tellement confiance en la direction que nous avons décidé d’écrire TOUT ce qui se dit en conseil de discipline ou commission pédagogique.

Niveau ambiance, c’est un peu comme l’Allemagne de l’Est avant 1989. D’ailleurs, en parlant d’Allemagne…

Quelques heures plus tôt:

« Qui s’occupe du compte-rendu ? »

(Le choeur des néotits) : TAMARAAAAAAAAAAA !!

Moi: « Vous êtes sérieux ? Ca fait 3 fois que je m’en occupe, les gars ! Un peu de respect pour les anciens, merde ! »

« Ouais mais tu tapes hyper vite, tout ça … »

« J’en ai marre ! Trouvez quelqu’un d’autre ! »

Entre en scène Flo, qui explique à un Jipé végétarien et médusé comment il a passé son week-end à fumer des jambons dans la hutte de son oncle.

« Moi, je peux m’en occuper ! »

(Jipé, discrètement, a profité du changement d’attention brutal de Flo pour s’éclipser. Preuve qu’on apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces)

« Ouaaaaaaaaaaa le taaaaaaaaaacle ! »

« Mais vazy, là, dis que je fais des fautes partout! »

« DOUBLE TACLE !! »

« Je te rappelle aussi que j’ai relu TOUS tes bulletins du premier trimestre pour corriger tes fautes. »

C’était aussi parce qu’il m’avait promis d’arrêter de me parler anglais chaque fois qu’il me voyait, en échange de service. Ce qu’il a fait. Pendant 1 heure.

« Tu ne peux pas te permettre d’être difficile, Tam. Soit tu le fais, soit c’est Flo. »

« Bon. Je lui passerai un Bécherelle. »

Retour à la commission disciplinaire.

« Tu as un comportement qui est particulièrement violent depuis ton entrée en sixième, et nos assistants d’éducation se plaignent de toi constamment. »

Pierrick est en troisième.

« Nous t’avions fait signer un contrat dans mon bureau, avec le CPE, que tu t’étais engagé à respecter. »

Je cherche Super-Prozac du regard. Il se gratte l’avant-bras avec son stylo depuis quelques minutes, sans avoir réalisé que la mine du stylo était sortie.  Le Chef le fixe quelques secondes, éberlué, avant de retourner à son récapitulatif.

« Le contrat stipulait que tu devais assister à tous les cours sans te faire renvoyer et amener tes affaires. »

Super-Prozac est toujours en chasse de la puce imaginaire et remonte sur son bras. Je finis par craquer, pendant que le Chef s’embrouille en essayant d’expliquer le sens du verbe « stipuler » au père de Pierrick, qui confondait ce verbe avec…bref.

3 secondes. Le temps qu’il regarde son bras.

5 secondes. Le temps que l’information arrive au cerveau.

7 secondes, le temps qu’il arrive à formuler une phrase: « Oh, zut. »

Imperturbable, le chef continue sur sa lancée: « Jusqu’à présent, non seulement tu n’as pas respecté ce contrat malgré nos nombreux rappels…. »

A peu près 15 par semaine, donc.

« …Mais en plus, tu as eu un comportement inadmissible envers Mme T. et M. B., ici présents, lundi dernier, et tu as refusé de t’excuser. M. B. va lire le rapport d’incident. »

Ca fait 48 heures qu’Axel s’entraîne à lire le rapport sans éclater de rire.

« Eva et Pierrick étaient dans les couloirs à la pause de 13h, alors qu’ils savent tous les deux pertinemment qu’ils n’ont rien à y faire. De plus, j’ai pu constater, en m’approchant avec ma collègue Mme T., que ces 2 élèves n’étaient pas occupés à réviser leur brevet à l’abri, ce que j’aurais pu croire dans un premier temps, car leur proximité physique ne laissait aucun doute quant à l’activité à laquelle ils s’adonnaient. Je précise d’ailleurs que dans un premier temps, c’est le bruit qui a attiré mon attention. »

« Alors que ma collègue et moi-même sommes intervenus, Pierrick nous a violemment reproché notre intrusion dans sa vie sexuelle et intimé l’ordre de rebrousser chemin, ou pour reprendre ses mots : « Allez vous faire enculer, bande de bâtards. » Particulièrement excédée par sa réaction peu appropriée au vu de son statut de fautif, Mme T. lui a vertement reproché son vocabulaire, ce à quoi Pierrick a répondu avec véhémence, la conseillant au passage sur la façon d’occuper sa pause de midi, je cite: « Va manger tes morts, salope ! »

La mère de Pierrick a viré jaune pâle. Le père de Pierrick balbutie que ce n’est vraiment pas le genre de son fils.

J’agite certaines feuilles, passées soigneusement au surligneur, remerciant silencieusement les choupinous de 6èmes et leurs parents qui m’alimentent en feutres de toutes les couleurs et autocollants.

Je cite certains passages, mettant en pratique mes leçons de théâtre pour adopter un ton monotone pendant que je lis.

« En septembre, Pierrick a intimé l’ordre à une des assistantes d’éducation d’aller « se faire mettre bien profond » par le CPE. »

« 3 jours plus tard, un des élèves dont je suis prof principale a fini avec un traumatisme crânien, car Pierrick l’avait jeté contre un mur en le traitant de « fils de pute » ».

« J’ai assisté à une scène avec notre CPE pendant laquelle Pierrick lui a dit de se faire « enculer à sec » ».

« Oui effectivement, il y a plus de 50 pages, je me vois mal vous faire la lecture dans son intégralité. »

La mère de Pierrick semble sortir subitement de sa torpeur et hurle après son fils:

« C’est Eva S., la gamine ? La fille de la famille S, qui traîne dans la rue tout le temps ? JE T’AVAIS DIT DE NE PAS PARLER A CETTE GAMINE !! »

Un beau moment de littérature Shakespearienne. #RomeoAndJulietNeverDie

Remarquez, ça apporte une nouvelle perspective au roman: et si on avait interdit à l’innocente Capulet et au jeune Montaigu de se fréquenter parce qu’ils étaient de la même famille ? Qu’on ne me fasse pas croire que les Hauts de France ont le monopole de la consaguinité !!

Mais je m’égare.

Le Chef reprend la parole, histoire d’éviter que Pierrick se fasse éviscérer sur place.

« Ce qui est gênant, dans cette histoire, c’est que nous avons découvert que Pierrick vendait les services d’Eva auprès de la communauté masculine du collège. »

Pierrick, qui n’a « pipé mot » depuis le début de la commission, tente un timide:

« Nan mais c’est bon, hein, c’est elle qui voulait. »

Intervention qui énerve Axel, la petite nature, choqué par ce qu’il a lu sur le papier.

« D’ailleurs je crois que c’est toi qui as gardé le papier ? » ajoute t-il en se tournant vers Super-Prozac.

Aucun mot ne pourra retranscrire la magie de la scène suivante. Pour saisir toute la portée comique de Super-Prozac qui déchiffre à voix haute le papier, il faut le vivre. Pleinement. Ce que nous avons fait.

« Double pénétra…. c’est quoi ça……..tion…ah oui c’est logique, en même temps… 30 euros

Bran…lène…ah non c’est un t… 5 euros

Sa…nan so…ah mais qu’est-ce que tu écris mal, Pierrick ! Sod… ah oui d’accord je comprends. Et le mot en-dessous c’est quoi ? Buk… »

Flo, toujours content d’apporter ses lumières quand il le peut, l’éclaire avec enthousiasme.

« Bukkake, c’est un mot jap… »

« On va s’arrêter ici, merci! »

Le chef, au bout du rouleau, triture nerveusement sa cravate, et tente de calmer sa tension qui s’est affolée lorsque Super-Prozac s’est lancé dans la lecture.

Le visage impassible, notre star locale de la CPEitude repose la page d’agenda arrachée sur la table.

Les parents de Pierrick sont maintenant en train de s’engueuler copieusement et sans retenue devant l’assemblée. Le père reproche à la mère de ne pas couper le wifi passé une certaine heure, pendant que la mère lui rappelle que c’est lui qui a montré le site Jacquie et Michel à son fils. Pierrick braille que s’il n’a pas le wifi, il se casse. Le chef balbutie des « voyons, voyons… », et Super-Prozac reprend ses activités de grattage avec son stylo bille bleu, qui n’a toujours pas de capuchon.